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Artistes


Paul-Émile Borduas

Paul-Émile Borduas naît le 1er novembre 1905 dans le village de Saint-Hilaire, près de Montréal. Dès son enfance, il veut être peintre, mais sa famille n'a pas les moyens de lui payer ses études. C'est en fréquentant l'église du village, par le biais des travaux de restauration du réputé peintre-décorateur Ozias Leduc, que le jeune Borduas découvre l'Art.

Leduc accepte de le prendre comme apprenti et l'initie à la décoration d'églises.

Nous sommes en 1921.  Borduas a 16 ans. Leduc encourage son apprenti à s'inscrire à l'École des beaux-arts de Montréal.

Au cours des sept années qui suivront, Borduas continuera d'assister Leduc dans son travail tout en suivant des cours à  l'École technique de Montréal et aux Beaux-arts.

En 1927, Leduc obtient de Mgr Olivier Maurault, alors curé de Notre-Dame à Montréal,  les crédits nécessaires pour envoyer son protégé étudier aux ateliers d'art sacré, à Paris. En 1928, après une brève période d'enseignement dans des écoles primaires de Montréal.  

Borduas s'embarque  pour la France.
Il y restera  deux ans. Ce séjour lui permet de découvrir les œuvres des peintres européens dont Cézanne qui aura une influence déterminante sur ses œuvres de jeunesse.

À son retour au Québec, le pays est plongé dans la Crise économique. Sans travail, Borduas pense devoir s'exiler en Amérique du sud quand il reçoit une offre d'emploi comme professeur de dessin à l'École du meuble.  Il y demeurera jusqu'en 1948. Parmi ses étudiants, se trouve Jean-Paul Riopelle.  

En 1939, Borduas fonde, avec John Lyman et Robert Élie, la Société d'art contemporain. Il entend promouvoir ainsi  l'art abstrait au Canada.

Il songe à faire de Montréal la plaque tournante d'une École picturale aussi prestigieuse et influente que l'École de Paris ou celle de New-York.

Son influence va grandissant auprès de jeunes peintres étudiants de l'École du Meuble. C'est ainsi qu'il  devient chef de file du mouvement automatiste.

En lisant « L’Amour fou » du surréaliste André Breton, Borduas découvre le fameux conseil de Léonard de Vinci enjoignant ses élèves à regarder longuement un vieux mur pour y voir apparaître dans ses craquelures et ses taches des formes que le peintre n’a qu’à copier par la suite.

Borduas recrée le « vieux mur » de Léonard en traçant spontanément sans idée préconçue quelques traits qui serviront de canevas à l’application  de l’huile ou de la gouache. Il commence à réaliser des œuvres abstraites, devenant davantage intéressé par l’acte de peindre que par les thèmes.

Il rejette  toute forme de préparation, comme le choix du sujet ou les esquisses, pour se concentrer uniquement sur les émotions du moment  et les pulsions inconscientes

De ces gestes automatiques, surgit le concept de l’automatisme pictural. Son tableau « Abstraction verte » (1941) est la première œuvre automatiste de Borduas.

En août  1948, Borduas publie le manifeste Refus global, une critique sévère de la culture canadienne-française. Refus Global dénonce la vieille idéologie conservatrice et proclame la nécessité d’une plus grande ouverture aux courants de la pensée universelle.

Le "Refus global"

Refus Global c'est la source de la Révolution tranquille. Dans « Refus global », Borduas remet en question l’autorité de l’Église, accuse le gouvernement du Québec de garder la province dans la « grande noirceur » et exhorte les Québécois à rejeter cette existence rétrograde : à refuser d’obéir comme des moutons à l’autorité établie. Les Canadiens-français doivent abandonner leur vieille culture et en créer une nouvelle, fondée sur les émotions, les sensations et, sur ce qu’il appelle « la magie. »

Paul-Émile Borduas

Paul-Émile Borduas

Abstraction Verte (1941)

Abstraction verte (1941)

Étoile noire (1957)

L'étoile noire (1957)

Paul-Émile Borduas (sans titre)

Paul-Émile Borduas
(sans titre)

Composition (1949)

Composition (1949)

Antique Jewels(1956)

Antique Jewels(1956)

The tomb of the deceased cathedral (1949)

The tomb of the deceased cathedral (1949)

Paul-Émile Borduas (sans titre)

Paul-Émile Borduas
(sans titre)

À l'époque, l’Église catholique au Québec contrôle tout le système éducatif. Elle a une influence considérable sur le monde politique et judiciaire.

Ces attaques contre le clergé et la classe politique de droite sous l’emprise du Premier ministre Maurice Duplessis lui valent son congédiement de  l’École du meuble.

New York


Privé de ses moyens de vivre, Borduas part pour New York en avril 1953. Là, pense-t-il, son expérimentation artistique pourra se faire en toute liberté. Là-bas, ses œuvres circulent davantage, tant localement qu’à l’étranger. Il participe à des expositions à  New York, à  Philadelphie;  il participe à la XXVIIe biennale de Venise. En octobre 1954  il revient à Montréal  présenter l’exposition à la galerie Agnès Lefort.

Il fait la rencontre de Jackson Pollock, Franz Kline et plusieurs autres peintres expressionnistes. Influencé par le néo-plasticien hollandais Piet Mondrian, mais également par le « suprématisme » (carré blanc sur fond blanc) du Russe Kasimir Malevitch,  le style de Borduas subit des transformations radicales. Ses tableaux connaissent une épuration de signes qui va jusqu’à leur disparition.

Il en résulte des aplats de pâte plus prononcés et une tendance chromatique vers le noir et blanc.

C'est à New York que Borduas commence à utiliser le couteau à palette exclusivement pour appliquer la peinture.

Mais à New York, il y a aussi Jean-Paul Riopelle. L'ex-élève de Borduas, est beaucoup plus connu que son professeur.

La critique  américaine consciente que Borduas a été le maître de Riopelle, ne peut s'empêcher de s'enthousiasmer davantage pour la peinture de Riopelle, ce qui contribua à éloigner un de l'autre les deux québécois.

Malgré ses succès sur la scène new-yorkaise, en 1955, Borduas décide de s’installer à Paris où il espère être mieux reconnu.

Mais il ne rencontrera  jamais le succès espéré. Même si sa carrière internationale se porte bien ―  ses œuvres circulent à New  York, en l'Australie, à  Londres, ainsi qu'à  Dusseldorf,  Genève  et Cologne ―  il n’obtient sa première exposition à Paris qu’en 1959, quatre ans après son arrivée. De plus, Borduas s’ennuie à Paris et sa santé décline.

C’est pourtant à ce moment dans un sursaut de créativité qu’il peint « L’Étoile noire »,  son chef d’œuvre. Typiquement une icône de l’expressionnisme abstrait, « L’Étoile noire » reflèterait les angoisses existentielles de la première génération post-atomique;  la population mondiale décimée par les quelques millions de morts de la Seconde Guerre mondiale et de la Guerre de Corée, sans oublier les corps calcinés de  Hiroshima et Nagasaki.  Borduas est de plus en plus désabusé.

Il adopte un style de plus en plus calligraphique, en accord avec son projet d’un nouvel exil, cette fois-ci au Japon. La recherche artistique de Borduas se termine prématurément avec  «Composition 69 », tableau où la quasi-totalité de la toile est recouverte par des empâtements noirs, imposants qui s’imbriquent jusqu’à constituer un quasi monochrome noir mortuaire. En haut du tableau, quelques fissures laissent filtrer un peu de blanc comme une sorte d’appel cosmique.


http://issuu.com/nuarinc/docs/borduas


Le 22 février 1960, Borduas s’éteint à Paris, dans son atelier, victime d’un malaise cardiaque.


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Dernière mise à jour:
Le 22 Septembre 2017
Conceptrice: Hélène Leclerc
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